Samedi 2 décembre 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Il est 22 heures 52, il fait 7 degrés dehors, je roule dans le brouillard et j'écoute France Culture. Je pense à tout ce que je dois faire avant de partir à Paris demain, ce que je ne dois pas oublier...
Un type lit un texte qui parle du Carré blanc sur fond blanc de Malevitch. Cela me distrait, je repense au séjour à New-York avec Karine M.N. et à notre visite au Musée d'Art Moderne, et à la tête qu'elle avait fait devant le tableau...
Je reviens à mon voyage à paris demain. Pas grand chose à emporter, mais importantes.
Quelques numéros de téléphones, un carnet, un crayon, un ou deux livres.
Pas n'importe lesquels.
mais comme toujours, un facile à lire, l'autre plus difficile.
Un court, un long avec beaucoup de pages.
Toujours le fantasme de se retrouver sur une île déserte.
Je suis la lumière des phares éclairant le brouillard comme un fantôme courant devant moi, m'indiquant la route à suivre,
J'aime les virages, préférant ceux qui tournent à droite, sans doute pour éprouver le plaisir de la corde, que l'on accroche en accélérant...
Puis se relancer sur la ligne droite.
Attention à l'Autre, celui d'en face, qui montre que ma route est aussi la sienne...
Je me demande qui il est et ce qu'il fait à cette heure-là sur cette route perdue.
Il se demande qui je suis et ce que je fais sur cette route perdue à cette heure-là.
Je change de radio.
Je tombe sur du violoncelle. Au coeur de la nuit, il devient la route.
Plus de question sur ce que l'on y fait, l'Autre et moi.
Vivre n'est pas de l'ordre de la pensée et ne passe pas dans des mots.
Être capable d'entendre et d'écouter le violoncelle de sa route devrait suffire à en accepter la destination.