vendredi 10 novembre 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Toujours dans le brouillard
mais à Thiron-Gardais...

Suis gêné par le bloc-notes de Philippe de Jonckheere daté du 6 novembre car je ne sais pas s'il parle de Mélancolie de Zidane que je critiquais avant-hier (et même d'une certaine manière hier). Il parle de La tentation de Zidane alors que je parle de Mélancolie de Zidane.

Mais deux ou trois de ses remarques semblent répondre à ce que je disais, alors je précise, au cas où il s'agirait du même texte, deux ou trois choses :
1- S'il s'agit du même texte, je suis totalement en désaccord avec PdJ : le texte de Mélancolie... n'est pas bon. Je le trouve non seulement mal écrit (avec plein de tics d'écriture comme je l'ai dit) et sans grande originalité (quand on a lu ou écouté tout ce qui a été dit là-dessus depuis). L'idée du paradoxe de Zénon, transformée en paradoxe de Zidane n'est pas originale et manque d'imagination pour dire que la tête de Zidane ne pouvait pas atteindre la poitrine de l'autre.
Prendre la peine de nous le rappeler (ce qui prend un peu plus d'une page sur les 11,5 ) est en plus un peu lourd et suppose des lecteurs peu éclairés.
(début p.17 4ème ligne : " Non seulement le geste de Zidane n'a pas eu lieu, mais quand bien même aurait-il eu lieu, [...]la tête de Zidane n'aurait jamais du atteindre son adversaire, car, chaque fois que la tête de Zidane aurait parcouru la moitié du chemin qui la séparait du torse de l'adversaire, il lui en serait resté encore une autre moitié à parcourir, puis une autre moitié, [...] jusqu'à fin du texte de la page suivante : " ....comme dans un immense ralenti monté en boucle à l'infini, ne pourra pas, jamais, c'est physiquement et mathématiquement impossible (c'est le paradoxe de Zidane, si ce n'est celui de Zénon), entrer en contact avec le torse de l'adversaire -[...]"
Trop facile : le paradoxe de Zénon a toujours été facilement démenti : les bombes lâchées atteignent leurs cibles, les rencontrent et tuent ceux qui sont en-dessous, les voitures entrent en contact avec celles d'en face et tuent les passagers...
Alors dire que c'est " physiquement " impossible, c'est dire n'importe quoi.
2- Rappeler que les Éditions de Minuit n'ont pas attendu la Coupe du monde de foot pour publier de courts textes est bien sûr inutile. Il n'a jamais été question de juger un livre ou un texte sur sa longueur ! Toutes les maisons d'Édition le font et l'ont fait, MAIS excusez-moi du peu, quand ils jugent que le texte en vaut la peine. Ce que je voulais dire est que je ne suis pas d'accord, là, avec leur choix, tombant dans un marketing de bas étage et la mode et le succès à la fois du sujet (Zidane) et de l'auteur (Jean-Philippe Toussaint). Mettre Jean-Philippe Toussaint à la hauteur de Beckett ou même de Duras est à mon avis un peu prématuré. Cela bien sûr n'engage que moi. Chacun est juge et libre de la hauteur de sa barre.

Non les apparences ne sont pas, dans ce cas, " trompeuses ".
Ou alors, il faut qu'on m'explique que Mélancolie, Zidane, Toussaint ne sont pas dans l'air du temps et qu'il ne s'agit pas là d'un coup médiatique (je n'irai pas jusqu'à " putassier ", même si dans la prostitution il y a bien la notion de donner quelque chose de soi, en général son corps, contre de l'argent).)
3- PdJ ne répondant plus à mes mails depuis un certain temps (problème d'anti-spam sans doute), et je ne lui en veux donc pas pour cela, ayant qui plus est comme lui refusé les commentaires en direct, je peux le réconforter, car j'ai bien compris, il le dit lui-même, que ce jour-là il était " d'humeur massacrante " et avait " envie de passer mes nerfs sur quelque chose, sur quelqu’un même ".
Qu'il sache que je me fous avec lui du ballon rond et du foot, comme de tout sport d'ailleurs , et de la mythologie guerrière chauvine militaire qu'il supporte et encourage (la loi du plus fort...), et que je considère Zidane comme un pauvre type, incapable d'aligner deux phrases intéressantes, simplement capable d'engranger les millions d'euros à condition qu'il la ferme et qu'il tape dans un ballon, incapable , même à ce prix-là, d'assumer ne serait-ce que 90 minutes, le rôle de capitaine d'une équipe nationale, et que donc aussi, je n'ai pas envie de polémique ou de commencer une partie de foot avec lui. (par contre, cueillir des champignons, oui.)

je ne suis pas d'humeur massacrante, et quand je le suis, j'essaie de ne pas passer mes nerfs sur quelque chose ou quelqu'un (surtout que pour un prof ce serait facile de se défouler sur les élèves, ce qui malheureusement se voit de temps en temps... ) Je fais du ménage, de la vaisselle, je regarde un film débile à la télé, ou j'essaie de marcher. En général l'air frais et le bruit de mes pas dans les feuilles mortes me calment au bout d'un certain temps.
Surtout en ce moment, c'est la saison idéale.
J'ai bien sûr reçu des mails disant leur désaccord avec ce que j'avais dit sur le dernier livre de Juliet .
J'y répondrai sans doute demain, dès que j'en aurai le temps.
J'aime Juliet et la plupart des livres de Toussaint (il me semble l'avoir déjà dit plusieurs fois). N'empêche que je ne vois pas, libre de tout copinage, amitié dans le milieu de l'édition, de la critique ou de je ne sais quoi, et en attente de rien de ce " côté-là ", pourquoi je ne dirais pas tout simplement ce que je pense, ce qui je le crois profondément, n'a aucune importance et ne fera pas diminuer la vente ou le succès de ces deux auteurs.
________________________________________________________________________ Note rajoutée le samedi 11 nov à 21h41 : Vu la correction faite par Philippe de J. sur son site, nous parlons bien du même texte, La Mélancolie de Zidane, publié aux Éditions de Minuit. ____________________________________________________________________