Vendredi 17 novembre 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Beaujolais nouveau
en sortant du collège...

Je ne le savais même pas. C'est Sandrine H. qui me dit reste à Nogent on va aller boire un coup c'est le Beaujolais nouveau !
Une seule adresse : mon caviste préféré, le meilleur et le plus sympa : sur la place Saint-Pol. Un qui n'est pas comme les autres, juste intéressé à gagner des sous sur le dos du client, mais qui aime la discussion, l'échange, et qui plus est, connaît le vin et les bouteilles qu'il vend, préférant vous conseiller et vous vendre une bouteille moins cher s'il pense qu'elle est meilleure ou qu'elle correspond meiux à votre goût ou à votre style.
Je me souviens que l'année dernière il avait fait une fête d'enfer. Là, de l'extérieur, on ne voit rien, pas de tente, pas d'orchestre, pas de musique.
Dès l'entrée le patron me dit que cette année il le fête "cool,sympa et entre nous ".
Pourquoi pas ? Vive le changement.
Comme chaque année je me dis que je n'aime pas trop le beaujolais nouveau, mais bon...
Cool, sympa et entre nous : c'était tout à fait cela, comme l'avait annoncé et sait le faire en effet le patron.
Mais il était encore tôt quand nous sommes sortis. On décide alors d'aller au café d'en face où là il ne s'agit plus de dégustation mais de consommation ! (à 2,5 euros le verre !).
On retrouve Alexandra et une de ses copines. Comment ne pas boire en si charmante(s) compagnies qui n'avaient d'autre envie que de rire et s'amuser ? Bref, on devine la suite...et la facture (même si je suis parti bien avant la fin, le signal de mon départ ayant été donné par un voisin qui devenait trop envahissant, collant et ivre, et l'annonce de danses débridées...)
Il faut savoir en effet que je ne danse en général que dans trois conditions : être complètement ivre (ce qui n'était pas le cas), être très amoureux (ce qui n'était pas le cas), ou quand je suis au bord du suicide (ce qui n'était pas le cas non plus). Alors...tant pis, pas de danse ce soir !
(de plus je ne sais danser que le slow, et mal !)
. . . .
Content quand même de ne pas être trop tard. Il faut que je me lève tôt demain, je ne veux pas arriver trop tard à Saint-Malo où je dois voir Ronan et Anne P. avant qu'ils ne partent au Brésil à Porto Alegre.
Sur la route de Thiron j'essaie de réciter tout haut, un des rares poèmes de Baudelaire que j'ai (presque) toujours connu " par coeur " : " L'âme du vin ": " Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles...
Je ne m'en sors pas trop mal...
Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.
Je peine vers la fin. Cela m'afflige de perdre ainsi la mémoire.
Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;
Est-ce cela aussi vieillir ? J'ai de plus en plus de mal aussi à apprendre et retenir par coeur, des noms, des adresses, des numéros. Je décide d'essayer d'apprendre, à partir de la semaine prochaine, chaque jour une strophe d'un poème. Il va falloir que je le choisisse sérieusement.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! "