Lundi 28 août 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
En trois jours...
Thiron-Gardais/Saint-Chéron/Orléans/Vierzon/Bourges/Clermont-Ferrand/Montpellier/
Carnon/Montpellier/Vierzon/Orléans/Chateaudun/Brou/Thiron-Gardais.
Suite des aires où je bois un café ou dors cinq minutes...Celle du Centre de La France
Celles de la méridienne, la A75, "l'autoroute gratuite du massif Central", : aire des volcans, de la Lozère, de l'Aveyron...) et ce célèbre pont de Millau, pas gratuit lui (6,5 euros !).
Retrouvailles avec Christian D. et Murielle qui a préparé pour le soir et quelques amis supplémentaires un chili con carne...
Le lendemain, lecture et discussion sur le dernier manuscrit de Christian et soirée à Carnon, après un face à face avec la mer, où nous dégustons des sardines grillées.
Comme je me sens en forme, je repars au milieu de la nuit.
Le temps d'écouter une longue interview de Bernardo Carvalho et celle de deux heures de Maurice Nadeau (par Alain Veinstein à l'occasion des 40 ans de la Quinzaine littéraire) , le Massif Central est franchi.
Je dors sur le parking du péage de l'autoroute A71 situé après Clermont-Ferrand (qui lui est très cher ! 31,5 euros jusqu'à Paris !).
J'aime rouler ainsi, sans horaire d'arrivée obligé.
Se laisser aller à toutes les réflexions, pensées, ou impressions qui nous traversent en traversant le pays, comme une longue flèche qui n'en finit pas de fendre l'air...
Un livre entier ne suffirait pas pour dire... Enfin, si certains y sont arrivés. Je pense au voyage en voiture de António Lobo Antunes dans Connaissance de l'enfer. Un jour et une nuit de voyage en voiture pour aller du sud du Portugal à Lisbonne..." Durant ce trajet, les souvenirs se mêlent aux visions et déforment la perception du monde. La mémoire empiète sur le réel, le présent et le passé sont incertains, les images se superposent, et l'univers paraît basculer dans la folie des malades..."
C'est cela exactement, ceux qui roulent la nuit le savent...
Ce Tumulte intérieur...dirait peut-être François Bon.
Arrivé devant la sortie de Vierzon, je décide d'entrer dans la ville et de rechercher où était notre maison, la boulangerie de mes parents. Cela fait donc 52 ans que je ne suis pas retourné à Vierzon, puisque je sais depuis quelques jours seulement que c'était du 1er juillet 1952 au 6 février 1954.
Il pleut, j'ai le temps, je m'en sens le courage.
Je raconterai demain. Le journal peut attendre lui aussi.
J'aurais pu dire aussi qu'avant de partir j'avais reçu la visite exceptionnelle de Vincent Cordebard et sa compagne, que je n'avais pas revu depuis 19 ans, et que c'était comme si c'était hier...et qu'il m'avait offert, entre autre, des truffes que mes voisines se sont empressées de me cuisiner dans une omelette mémorable...
En arrivant à Thiron Gardais, je lis mon courrier, et suis rassuré par un coup de téléphone à mes filles : elles aiment leur nouvelle maison à Saint-Chéron.
Je n'aurais donc pas aidé Pascale à s'installer pour rien. C'est déjà ça.
Cette sortie de Thiron m'a fait du bien.
Prendre le temps, de fixer l'horizon les yeux dans le vague, tout en regardant dans le rétroviseur...et laisser la voiture filer toute seule...
Cela permet parfois peut-être de pouvoir décider où on veut aller.