dimanche 29 octobre 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Pour " être à jour " comme on dit...
ce qui, quand on y pense, ne veut pas dire grand chose.

On ne rattrape rien, on n'attrape rien, on ne fait que courir après on ne sait quoi.
Les mots et les images, même si on les fixe, finissent toujours par s'évanouir, devenir traces intangibles d'une vie que l'on aimerait croire unique, sienne, personnelle, cohérente, et je ne sais quoi d'autre...
Comme dit Christian D., et je ne suis pas loin de le croire, on n'est que ce que l'on a reçu.
... ...
Quand je dirai samedi soir à Marie Thérèse P. que je ne restais pas à Lyon, que " la route m'appelait ", elle rira. Et pourtant, c'était juste pour dire qu'il n'y a jamais de repos, juste la halte où reprendre le souffle, boire l'eau qui apaise la soif.
Ces deux mille kilomètres, faits essentiellement de nuit ou de petits matins, après quelques heures de sommeil sur les " aires " d'autoroutes, m'ont permis aussi de laisser aller mes mots et mes pensées, traîner dans leurs méandres, estuaires ou deltas...
oublier momentanément la salle aride,
changer de lit, changer de corps, tout est affaire de décor...chantait-il,
se réveiller comme dans le livre de géographie de son enfance, devant le viaduc de Garabit, mais dans sa dernière couleur, appelée par les Travaux Publics " poinsettia " ou " rouge Gauguin " .
découvrir le dernier Bert Jansch (The Black swain) en survolant des vallées embrumées, (rêvant d'aller le voir le 13 décembre au New morning),
Sourire en revoyant les ceps sur ma table de cuisine, et en pensant au sanglier mangé chez Olivier le lendemain (comprenant les deux coups de fusil entendus dimanche dernier)
curieux et même un peu inquiet de toutes les rencontres à venir de jeudi à samedi, à Montpellier et à Lyon,
(la solitude thironnaise aidant, il m'arrive de plus en plus souvent d'appréhender les rencontres, se soldant trop souvent par de pauvres quiproquos ou mal-entendus, où je ne peux m'empêcher de redouter les incompréhensions ou tous ces jeux de défenses verbiales...me disant de plus en plus souvent : " Laisse-les gens tranquilles "),
ne pas oublier d'essayer de trouver le Cd que je dois à Léa pour son anniversaire, fêté dimanche dernier...
11 ans déjà. Que cela passe vite onze ans !
Et cette pancarte en partant, face à la prison de Châteaudun...
Cette autre forteresse, à l'aurore, à l'autre bout de la France,
Je suis parti de Thiron-Gardais mercredi soir, vers 22 heures, en direction de Montpellier.
Je suis revenu à Thiron-Gardais dimanche midi, en provenance de Lyon .

Il y a donc, entre ces deux moments, des images, des paysages, des pensées, des musiques, mais aussi, c'était le but du voyage, des rencontres, d'amis de longue date, ou de personnes que je ne connaissais pas.
Ce qui me reste ce soir ce sont surtout leurs voix, certains regards, et beaucoup de phrases échangées, entendues, lues, écrites, parlées, chuchotées, mais aussi certains non-dits ou silences partagés.
Court voyage, comme un court métrage qui me laissera, je le sens déjà, mais sans savoir lesquelles, des traces et certaines pensées du type de celles qui aident à prendre choix ou décisions.
Il est temps de négocier certains virages.
D'arrêter parfois de parler pour pouvoir faire.