mercredi 3 mai 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Marronnier du matin chagrin.
Je passe des heures à m'emmêler les pinceaux avec toutes les chasses au cerf des Cranach. Il y a un mélange entre les tableaux attribués à Lucas Cranach le Vieux (le père, né en 1472, mort en 1553) et Lucas Cranach le Jeune (son fils, né en 1515, mort en 1546), d'autant plus que partout on s'accorde à reconnaître qu'à la fin de sa vie, le fils aidait à peindre son père et prenait exactement son style. Est-ce que j'ai perdu la main à faire des recherches ou bien Internet est-il si peu rigoureux ou bien les deux ?


Je me retrouve avec quatre peintures :
- Chasse au cerf de Johann Frédéric, attribué à Cranac le Jeune estimé de 1544, qui serait au Kunsthistorisches Museum de Vienne - Chasse au cerf en l'honneur de Charles Quint au château de Torgau, attribué au Vieux (ailleurs au Jeune), peint en 1544, présent au Prado de Madrid,
- Chasse au cerf de l'électeur Frédéric le Sage, attribué à Cranach le Vieux et qui est au Kunsthistorishes museum de Vienne, - Chasse au cerf en l'honneur de Charles Quint au château de Torgau, attribué au Vieux (mais sur quelques sites au jeune !), peint en 1544, lui aussi au Prado de Madrid.
- sans compter sur Chasse au cerf de l'électeur Johann Frédéric, au musée de Vienne, une encre attribuée selon les sites plutôt au fils, datée aussi de 1544.
Impuissant, je me suis donc réfugié dans mes livres, dans le catalogue ramené par Sandrine, et les photos prises par Nathalie il y a une semaine et qu'heureusement elle avait sauvegardé sur un cd.
Finalement je me dis que tel père tel fils chez les Cranach, et que ce qui me fascine ce sont surtout les tableaux.
Le paysage est le même sur tous les tableaux : au fond le château de Torgau, petite ville située sur la rive de l'Elbe, au Nord-Ouest de la Saxe en Allemagne, où se sont rencontrées le 25 avril 45 l'armée américaine et les troupes de l'union soviétique. Mais ce qui nous intéresse est le château de Hartenfels qui domine la ville et les tableaux des Cranach. Construit à la renaissance, c'était Martin Luther (dont les deux Cranach ont fait souvent le portrait), qui l'avait inauguré en 1544.
En fait, les quatre tableaux nous permettent de faire un travelling circulaire en tournant légèrement autour, avec un tableau qui se met nettement en contre plongée par rapport aux autres.
Mais le plus étonnant est la manière dont sont peints à la fois les chiens, les cerfs et l'eau dans laquelle ils sont poussés à se noyer.
En attendant, je dois les laisser pour corriger des copies, ce que j'accepte avec patience vu le beau temps et la chaleur qui sévit dehors.
Dans la soirée Léa m'apprend que l'araignée capturée à Thiron est morte à l'école, attaquée par des fourmis, mais qu'heureusement, dans une autre boite, le cétoine doré était sorti de terre, magnifique sous les rayons du soleil.