Journal de Nogent le Rotrou
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ma vie dans le Perche
Propos sur la littérature et la peinture.
Dimanche 3 septembre 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Mémoires ouvertes
Parc de l'ancien domaine du Duc de Saint Simon, La Ferté-Vidame.

C'était une première, comme la non-attribution cette année du prix Saint-Simon (pour une sombre histoire de procès et de tribunaux, à laquelle je ne comprends rien), qui récompensait depuis 1975, le dernier samedi du mois d'août, un ouvrage de mémoires (souvenirs, journal, récit autobiographique ou témoignage).
Dans le dit " petit château", devant, partout dans le parc, on pouvait trouver, écouter, regarder :
- de quoi boire et manger (au sens propre et figuré),
- des lectures, (comme celle d'extraits de Tumulte de François Bon, absent, comme d'autres auteurs annoncés ! "Variations tumultueuses" acte I le matin, et "Variations tumultueuses" acte II l'après-midi ) par le Théâtre du détour et le Théâtre de la Forge.
- une librairie, (qui acceptait les cartes de crédit),
- des ateliers (calligraphie, imprimerie...),
- une exposition " design ",
- Une exposition in situ des oeuvres de jeunes designers pour " meubler " le parc du château. On pouvait découvrir, en une heure de marche, trois sortes de travaux qui resteront désormais dans le parc :
* des mangeoires pour les cygnes, et un nichoir/observatoire sur l'eau, pour l'homme. (auteur : Alain Rovero qu'on voit lui-même expliquer son travail. Type très sympa avec lequel j'ai pu discuter un peu)
* des sièges pot de fleur, pour lire, méditer, parler, regarder...seul, à deux, face à face...(Cabinet 5.5 designers, 4 types et une jeune femme, tous très sympas aussi)
* des portiques, promontoires et dalles ( Normal studio, Jean-François Dingjian et Eloi Chafai)
- des ateliers pour les enfants,
- des gens en costume d'époque (dont certains danseront tout l'après-midi au fond du parc)
- un café littéraire, (avec à midi un pique-nique où on pouvait s'installer un peu partout, avec qui on voulait...On voit à droite la table des designers.)
- des débats, tables rondes ou tables ouvertes.
L'intervention la meilleure fut, à mon avis, celle de Georges Poisson, qui dès qu'il se met à parler de Saint-Simon s'emporte et parle avec passion.
Par contre, Emmanuel Le Roy Ladurie (qui a parlé de Law) est plus terne à lire son papier. Attention, c'est de haute tenue et oblige le respect et l'admiration. Mais, je vous dis quand même que ce que disent les autres, ça ne semble pas toujours l'intéresser... Ou alors il se concentre fort sur ce qu'il écoute...
Faut dire à sa décharge, que répondre à des questions sur le Da Vinci Code et dire ce qu'il en pensait n'était pas très passionnant...ni à mon avis l'endroit ni le sujet d'aujourd'hui !
- un concert (groupe " Jazz Times Blues "),
- des souffleurs, véritables " commandos poétiques ", des gens en noir avec un parapluie et une longue sarbacane qui soufflaient des mots secrets dans les oreilles des promeneurs... (" Partant du principe que l'humanité se reproduit de bouche à oreille..."
- et bien sûr des auteures et des auteurs, mais pas tous ceux qui étaient annoncés, ce qui est dommage...Je me fais dédicacer les livres de Georges Poisson (que j'avais pensé à prendre avant de partir) et le Saint-Simon de Leroy Ladurie (que j'ai acheté sur place).
Les dix minutes que je parle avec Georges Poisson, il en passe cinq à me parler de sa petite fille (Claire) dès que je lui dis que " je la connais un peu" et que nous nous échangeons de temps en temps des mails...
Le jeune auteur qui est à droite et semble me regarder avec un air dubitatif est Aymeric Patricot, avec lequel j'ai vite sympathisé et avec lequel j'ai déjeuné.
Sorti de HEC, ancien attaché culturel à l'Ambassade de France au Japon, il a visiblement laissé tomber sa carrière pour passer l'agrégation de Lettres, et il enseigne aujourd'hui le français dans un lycée de banlieue parisienne. (Visiblement nous vivons les mêmes difficultés dans notre travail lui dans un lycée de banlieue, moi dans un collège Zep ! Il me raconte des choses qu'il a vécues et vues dans son lycée qui sont gratinées, et que nos voisins de table ont du mal à croire, mais je sais qu'il ne ment pas...Il faut être " dedans " pour savoir !). On s'échange nos mails et nos sites et il me dédicace son livre Azima la rouge (Flammarion). Me dit que son prochain livre est déjà écrit. Il vient juste de passer la trentaine... Il me montre aussi la revue L'Arsenal à laquelle il collabore.
- et tout le reste que je n'ai pas vu ou pas eu le courage d'aller voir...
C'était calme et assez bizarre.
Il faisait gris et brouillasse le matin, dégagé l'après-midi mais toujours gris. Il y avait un côté intime, campagnard, fête du village, mais aussi un côté bazar sans trop de monde, kermesse sérieuse avec recueillement ouaté dans la verdure. La sonorisation n'était pas braillarde...
- Vous avez dit bizarre ?
- Peut-être tout simplement la tristesse douce et calme des dimanches gris, avec quelques livres, quelques rencontres, et le si beau regard d'une femme au pull noir et robe rouge...