vendredi 5 mai 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Je ne suis que dans mes questions, mes émotions et mes intuitions.
Que penser du monde devant l'étang de Sainte-Anne à 8 heures du matin dans la fraîcheur du levant ?
Serrer les poings dans les poches, penser par éclaboussures, dans le meilleur des cas par éclats, comme le dit Slavoj Zizek ?
En finir avec cette maudite illusion d'accéder à quelque chose...Mais quand vers 18 heures, je sors du chemin creux qui mène, passé l'étang, à la maison, je me sens bien, moins oppressé, et retrouve un certain réel qui m'apaise et me fait oublier le comportement insupportable des élèves aujourd'hui.
Le blé de printemps pousse comme une mer d'émeraude, les lapins courent de tous les côtés, le marronnier a fleuri...L'air sent l'herbe et l'on n'entend que des oiseaux, dont Christiane, une de mes voisines parisiennes, dit en avoir observé et répertorié 17 espèces différentes, rien que dans la cour de La Chambrie.
Je revois Élise et Léa qui avaient demandé se lever tôt pour aller dessiner au bord de l'étang.
Très touché plus tard par une phrase reçue par mail de Dachlmat alias Grapheus Tis, alias... :
" Quand les errants ont enfin trouvé leur "jardin", ils rêvent encore avec plus de profondeur les paysages qu'ils ont naguère parcourus."
Elle m'ébranle, car il est vrai que cet étang, et je ne sais pas pourquoi, fait ressurgir de ses eaux tout un certain passé avec les émotions qui y sont liées.
" Pense aux vendanges..." comme m'écrit aussi Marie Thérèse P.
Oiseau nocturne, je picore Bergounioux jusque tard .
Je dirai un jour peut-être ce qu'il me fait. Quoique, à la limite...