vendredi 6 octobre 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Bizarre pense-t-il...
ou : " tiens tiens..."

Depuis quelque temps, il m'arrive de ne pas avoir de temps pour écrire ma page quotidienne.
Travail, longues routes (encore hier une journée triangulaire Thiron/Orléans/Saint-Chéron/Thiron), copies à corriger, courrier à répondre, soirée cinéma...Les causes en sont diverses, mais toutes prenant des heures, et il n'y en a toujours que 24 par jour.
L'envie et le plaisir de faire ce journal en ligne sont toujours là, justifiant à eux seuls le fait que je continue. Les contacts, réactions ou relations qu'il m'apporte sont toujours aussi positives (ai été contacté récemment par exemple pour écrire dans le journal de Thiron)...
Mais ce qui est nouveau, c'est que si je passe trois ou quatre jours sans page nouvelle, cela ne me tracasse plus, et quelque part, me semble sans importance.
Je pense que l'important de ce journal y est clandestin et m'échappe, sans doute plus visible par son lecteur que par moi-même.
Des photos attendent, des pages presque complètes (la suite de l'Abbé de Rancé, une étude bergounienne...) sont prêtes, et pourtant je ne me sens pas " en retard "...
Parallèlement, je fais un retour au papier, aux petites phrases notées sur les papiers qui traînent, je passe plus de temps avec les livres, à regarder tout le travail que j'ai encore à faire sur et dans ma bibliothèque, avec tous les livres achetés depuis des mois qui commencent à s'installer partout, s'impatientant sans doute d'y trouver leur place, sinon une place. Mais surtout à penser.
Penser ? oui je ne vois pas comment dire autrement. Cadrer et ordonner tous ces mots et phrases qui sont dites sous mon crâne. (je précise ainsi, bien qu'ayant 57 ans passés, et qu'étant la plupart du temps seul dans la maison, je ne parle pas encore tout haut).
Ce calme cache-t-il une tempête à venir ? Je n'en sais rien.
J'hésite aussi à reprendre la peinture, ce qui est mal dit, puisqu'elle ne m'a jamais quitté. Je veux juste dire repasser à l'action de peindre.
Aussi, je lis les blogs autrement, semble en voir des sous-couches, des reflets non vus jusqu'ici, des limites pour certains, les répétitions pour d'autres, avec plus de détachement mais aussi plus de complicité sur leur désespérance, leur illusion, leur ténacité, leur courage, et pour d'autres leur inutilité (en ce qui me concerne). Je regrette souvent ne pas connaître ou rencontrer, ne serait-ce qu'un instant, celui de partager un verre, un repas ou une ballade par exemple, avec leur auteur " en vrai ", et il m'arrive que les lire chaque jour ne me suffise plus.
Pour parler de moi, dire que la vie est là, où je suis, au moment où je le dis, dans ce corps-là, que l'on en revient aussi de l'Ailleurs, de l'Autrement, de l'Âge d'or ou du futur lumineux,
que cette réalité et ce monde-là d'aujourd'hui, même s'ils ne me plaisent pas, sont les miens,
arrêter parfois de s'échapper...
parfois, être juste là, debout, et dire oui.
Continuer de faire des cercles peut-être,
mais de plus en plus grands.