vendredi 14 juillet 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
En plus de la surprise d'hier, Thiron-Gardais m'en réservait une autre ce matin : le 14 juillet est le jour de son grand vide-grenier annuel.
Cet incontournable vide-grenier qui a tant de succès village, après village, dimanche après dimanche...(J'en ai déjà rapporté quelques visites dans ce journal...)
Je ne peux m'empêcher de penser à Philippe Didion dont j'approuve la remarque dans une de ses dernières notules dominicales, la no 264.
Il est tôt quand je débarque, mais on sent déjà que la journée va être chaude.
Je le vérifierai l'après-midi en y refaisant un tour avec Sandrine H. venue me dire bonjour à la Chambrie.
Non seulement, comme Philippe Didion je n'aime pas les vide-grenier, mais ils me rendent triste. D'abord de voir tous ces objets qui ont fait partie de la vie des gens, de leur famille d'aujourd'hui ou d'avant (un type expliquait qu' il vendait cher un instrument de travail visiblement des champs, parce qu'il avait appartenu à son grand-père !) bradés pour quelques euros, cela m'attriste comme la négation d'un patrimoine... Ensuite, parce qu'on voit le choix des jouets qu'ont eus les enfants (et dont certains ont coûté cher à l'achat aux parents), la rapidité avec lesquels ils se sont dégradés, aussi vite achetés aussi vite cassés et abandonnés, ainsi que celui des livres, disques, Cd, vidéos et aujourd'hui DVD, dont se sont nourris les parents...C'est pas pour dire, et sans être élitiste, le niveau est souvent affligeant...
Je sais comme Philippe Didion tous les arguments de ceux qui aiment les vide-grenier... Mais je ne changerai pas d'avis avant longtemps. D'autant plus que de plus en plus de collègues (certes nécessiteux !) les fréquentent comme vendeurs, trouvant là sans doute un certain exotisme et sans doute momentanément un peu de snobisme ou de divertissement autant conjugal que dominical.

Donc, si je récapitule, il y a au moins trois " choses " que je n'aime pas parce qu'elles me rendent tristes : les fêtes foraines, les vide-grenier, et le cirque, sans parler des fanfares militaires, des foules après un match de foot, des enterrements et des courses cyclistes le dimanche.
Et bien sûr, sans doute comme pour beaucoup de monde, je n'ai pas pu y échapper tout au long de ma vie.
Après une pensée pour Bergounioux, (la boite était étiquetée 70 euros), c'est donc assez tristounet que je rentre à la maison.
Je regarde, par souvenir de Poelay (voir le texte hommage à Claude Simon, que j'avais écrit, l'année dernière le 14 juillet 2005, passé en solitaire à Nogent le Rotrou, et où j'évoque les 14 juillet de mon enfance), quelques images du défilé à Paris et quelques échanges de la " garden party ", avec son président et ses journalistes de plus en plus surranés.
Fin de soirée agréable, en marchant autour de la Chambrie.
Je demande à mon frère de me prendre en photo dans le champ de maïs à la sortie du chemin creux.
En rentrant, je récolte deux plantes du bord du chemin, ayant l'envie (mais irais-je jusqu'au bout ?) de faire l'herbier numérique de la Chambrie. Il sera consultable dans quelques jours dans la page Cantonales, Thironades et Chambries située en en-tête sous le titre du journal en haut de la page quotidienne.
Après avoir ressorti mes flores qui datent de quand je préparais l'agrégation en 1973, sauf une qui appartenait déjà à mon grand frère Jacky, je les détermine assez facilement :
À gauche il s'agit de la Renouée persicaire, reconnaissable à ses feuilles munies d'une tache foncée au milieu. C'est une Polygonacée, mais je ne rentre pas dans les détails ici, car en botanique, ce n'est que rarement simple...et celle-là pose des problèmes de classification et de noms latins de genre et d'espèce : les flores ne sont pas d'accord...
À droite c'est la Mauve musquée, reconnaissable grâce à ses feuilles profondément divisées en segments étroits.
Quand je me couche, ce 14 juillet est passé depuis quelques heures.
C'était mon 58ème 14 juillet.