mardi 22 août 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Agnès Varda, je m'assois à côté de vous...
Et je vous écoute, veuf parmi les veuves, sur une des 14 chaises...
" Il faut choisir de les écouter une à une pour les entendre."
" Est-ce l'absence ou la manque qui perturbe le plus ?"
Comment ne pas se laisser aller à l'émotion dans le bruit des vagues et le violon presque uni-note d'Ami Flammer ?
Il faudra passer le passage du Gois ou le rideau de 3182 bouchons de pêche, balise ou refuge de sauvetage, visiter le tombeau de la chatte Zgougou, passer les tongues sur la plage, saluer les habitants dans la cabane aux portraits, chercher Deneuve et Piccoli dans la cabane de l'échec, et envoyer une carte postale, celle ou des gamins font caca dans un journal pour l'enflammer après et s'enfuir en ville montrer leurs fesses aux passants...
la Mer est immense, on y voit un homme se noyer.
" Quand je vois un nageur, je peins un noyé " disait le peintre dans Quai des brumes.
La main écarte les doigts et laisser couler le sable. Qui n'a pas un jour senti la vie lui filer entre les doigts ?
Ping, pong, Ping, pong...
Du temps passe, celui d'éplucher 16 pommes de terre, de boire une bière, que l'enfant fasse un pâté de sable...
...Et la mer efface sur le sable le pas des amants désunis...comme dit la chanson.
Cette exposition d'Agnès Varda, L'île et Elle, à la Fondation Cartier, Boulevard Raspail, est visible jusqu'au 8 octobre 2006. Je conseille à tous d'y aller.
Sensible, moderne, non prétentieuse, originale et ludique, sans manquer d'humour, elle parle à tous. Cette exposition montre comment une artiste, au départ photographe et cinéaste, intègre avec succès la vidéo et les installations dans son travail sans le dénaturer, tout en lui assurant ouverture et actualité dans un monde qu'elle décrit (dans le bel album de l'exposition) comme " tumultueux, plein d'injustice, de guerres et de catastrophes ", s'empressant d'ajouter : De l'autre côté...il y a la plage.
Elle donne envie d'aller à Noirmoutiers ou dans une autre île...de marcher sur la plage et dans les marais salants, de voir le soleil s'y coucher.
Car nous avons bien tous une île en nous, non ?