samedi et dimanche 25 juin 2006 jour précédent jour suivant retour au menu
Comme je n'arrive toujours pas à me connecter à mon serveur (voir jour précédent ci-dessus), je prépare des courriers en retard, des mails que je mets dans la case attendre pour les envoyer, pour remercier Philippe Didion de m'enrichir le d'ahan bergounien avec une citation d'Appolinaire tirée de La Chanson du mal-aimé : ,
Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

Bartelbooth pour les précisions rousseliennes sur la hie, et pour aller, cela faisait longtemps, sur le marché de Nogent le Rotrou, où les vedettes ne sont plus les asperges (comme chez la proustienne Caroline), mais les melons.
Par contre impossible de regarder les cerises sans penser à mon séjour chez mon frère Jany quand il dirigeait le Centre d'Art du Crestet, à côté de Vaison la Romaine, et qui m'avait fait découvrir Plutarque et son ascension du Mont Ventoux que je relis si souvent (c'est en fait une lettre, datée du 26 avril 1336, de Malaucène, dans laquelle il raconte son ascension...).
Plutarque gravit le Mont Ventoux en 1336, ce qui est original et risqué dans le contexte historique, car avant le XVIIIè siècle le rapport des hommes avec la montagne était ambigu. Comme le disent Léonard Gay et Andrew Zappela dans leur "travail de maturité" (p.16) Philosophie de l'extrême) " Pendant le Moyen Âge, l'ascension des diverses montagnes était interdite, car elle symbolisait un geste sacré qu'il s'agissait de ne pas profaner. ". Plutarque faisait donc là exception.
Il n'y a qu'à lire les Confessions de Saint Augustin : " Et les hommes vont admirer les cimes des monts, les vagues de la mer, le vaste cours des fleuves, le circuit de l'Océan et le mouvement des astres et ils s'oublient eux-mêmes" (Livre x). Comment oublier qu'" il n'est rien d'admirable en dehors de l'âme " ? Quelle faute d'admirer le spectacle de la nature !
N'empêche que Pétrarque n'en invente pas moins que le panorama ou déjà le belvédère (" emprise théorique et esthétique du sommet pour tout soumettre au regard, ou à une belle vision " comme le souligne Bernard Forthomme dans une communication sur l'excellence religieuse présentée en 2004 à l'Abbaye cistercienne de Saint-lieu à Sept-Fons).
J'en profite pour acheter, ayant ce soir quelques invitées, des ailes de poulet pour essayer de refaire des mabawas grillés qui m'avaient tant plus lors de mabawas l'anniversaire d'Elise.

Dimanche totalement pluvieux et sans passion, à essayer d'atteindre mon hébergeur, à traîner devant un match de foot, à tournicoter.
Lecture quand même.
Étonnantes phrases de Roland Jacquard dans les chemins de la désillusion, que Sandrine H. me rend et qu' elle a " dévoré ", me dit -elle.
Début de son introduction :
" lorsque, enfant, je me promenais avec mon père, il m'enseignait que l'homme qui s'étudie ne s'analyse pas seulement : il se crée. Il me conseillait également de tenir mon " journal ", ce que je fis dès ma douzième année.
Plus tard, quand je lui soumis mes premiers essais littéraires, où je tentais non sans maladresse, ni application, d'affirmer mon originalité, il se moqua doucement de moi : " Rien n'est plus commun que de se croire hors du commun, me dit-il.[...]"

Avant dernière phrase du livre :
" Une nuit, je m'endormirai pour ne plus me réveiller. Comme tous les soirs, je me serai posé la question : " Qu'as-tu fait de ta vie ?" Et, pour la dernière fois, je répondrai : Rien."
On ne s'étonnera pas que je sois d'accord vu ce que j'ai écrit hier !